Montag, 22. März 2010

"Le débat sur la politique de compétitivité poursuivie par l'Allemagne mérite d'être posé, mais il ne s'agit pas d'une priorité immédiate"

Bruxelles, le 22 mars 20100


Astrid Lulling s'adresse au président de l'Eurogroupe en commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen


"Le débat sur la politique de compétitivité poursuivie par l'Allemagne mérite d'être posé, mais il ne s'agit pas d'une priorité immédiate"


A l'occasion de l'échange de vues avec Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe avec la Commission des affaires économiques et monétaires, Astrid Lulling a regretté la cacophonie ambiante, avec son lot de démenti, de contradictions qui ont de quoi inquiéter les esprits les plus placides, qu'il s'agisse des décideurs politiques ou des acteurs des marchés, de l'opinion publique ou des banquiers centraux.


Interrogé par la députée européenne sur les modalités techniques de l'aide qui se dessine pour la Grèce, M. Juncker a confirmé que deux ou trois Etats membres refusaient la perspective d'une garantie bancaire apportée par l'Union européenne dans son ensemble. Ne faisant pas mystère de son regret, il a ajouté qu'en cas de besoin ce serait un recours à des prêts bilatéraux qui tenait la corde.


Revenant sur l'actualité de la semaine dernière, Astrid Lulling a par ailleurs demandé:


"Mme Lagarde vient de jeter involontairement un pavé dans la mare en critiquant la politique économique allemande ou plutôt en disant que ce modèle ne pouvait être appliqué par les autres Etats en Europe. Ce commentaire n’a pas du tout plu en Allemagne, parce qu’on a eu l’impression que c’est le mauvais élève qui critique le bon élève qui a fait correctement ses devoirs. D’un autre côté bon nombre d’économistes et pas seulement français soulignent en effet que l’Allemagne profite du pouvoir d’achat que confère l’euro à ses voisins et qu’une croissance tirée par les exportations ne peut être le modèle à suivre par l'Union européenne. Mme Lagarde aurait donc loin d’avoir tort, mais elle ne serait pas en position idéale pour le dire.


Monsieur le président qu’avez-vous à dire dans un débat qui n’est pas anodin, puisqu’il y a de l’orientation fondamentale de l’union monétaire ?"


A ce propos, Jean-Claude Juncker a répondu que l'union économique et monétaire était effectivement soumise à un certain nombre de déséquilibres, que la politique de compétitivité poursuivie par l'Allemagne ne posait pas de difficultés immédiates mais que cette politique soulevait cependant des questions de soutenabilité à terme. Le débat mérite donc d'être posé, même s'il ne s'agit pas d'une priorité en ce moment.

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